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Accident mortel de la circulation - Il avait percuté mortellement un cycliste et pris la fuite

Le 10 décembre 2019
Le Dauphiné Libéré 10/12/2019 Champagnier - Un automobiliste était jugé par le tribunal correctionnel de Grenoble après la mort d’un septuagénaire en 2017 Il avait percuté mortellement un cycliste et pris la fuite

Âgé de 75 ans, le cycliste avait été heurté sur le rond-point des Carriers, sur la RN 85, à Champagnier.
Par Denis MASLIAH 

Quand, le 21 juin 2017 vers 7 heures, il a percuté de plein fouet un cycliste au volant de son Peugeot Partner à la hauteur du rond-point de Champagnier, ce jeune père de famille ne s’est pas arrêté. Il a poursuivi sa route, a déposé ses deux enfants à l’école et a rejoint son lieu de travail, tout proche. Quand ses collègues lui ont dit qu’un très grave accident s’était produit au rond-point, il leur a demandé d’appeler les gendarmes. « En passant là tout à l’heure, j’ai été réveillé par un choc. Je pense que je m’étais assoupi au volant, et je me demande si ce n’est pas moi l’auteur de l’accident », leur a-t-il expliqué.

Des témoignages accablants

Deux ans et demi après les faits, c’est bien lui, ce jeune homme âgé aujourd’hui de 31 ans, qui est prévenu d’homicide involontaire et de délit de fuite. Car le cycliste, un retraité de 75 ans, n’a pas survécu au choc ce matin-là.

À la barre, sous le regard de la famille du défunt qui s’est constituée partie civile, le prévenu répète ce qu’il a déclaré aux gendarmes. Non seulement il n’a pas vu le cycliste s’engager ce matin-là sur le rond-point à l’endroit où la piste cyclable coupe les voies, mais il ne l’a pas vu voler dans les airs après le choc. Ce dont il se souvient, c’est avoir heurté un poteau en arrivant au travail. L’un des enfants de l’automobiliste, âgé de 10 ans, a, lui, été traumatisé par la scène. Et il s’en est confié à ses enseignants, bien que son père lui ait interdit d’en parler à qui que ce soit.

Après le choc, des témoins ont vu le conducteur accélérer et jeter un coup d’œil dans son rétroviseur. Un autre, qui tentait de suivre le Partner pour en relever l’immatriculation, a dit que l’utilitaire avait dépassé deux véhicules par la gauche, puis un autre par la droite pour disparaître. Les experts, eux, s’accordent sur le fait que le choc a été si important qu’il est impossible que le conducteur n’ait pas réalisé ce qui se produisait.

Face à l’ensemble des éléments à charge égrainés par la présidente, le prévenu ne reconnaît qu’une chose : qu’il est impliqué dans l’accident.

« Un abus de priorité »

Pour les parties civiles, Me Florence Bessy évoque la détresse de la veuve de la victime, ce retraité qui était si très impliqué dans la vie associative, ce papy modèle, qui avait une relation fusionnelle avec sa petite fille alors âgée de cinq ans. « Et ce monsieur continue à s’entêter à inventer un choc avec un poteau pour maquiller la collision avec le cycliste. Si toute la famille est là aujourd’hui, c’est parce qu’il n’a jamais reconnu ses torts », s’indigne Me Bessy. « Vous avez pris la fuite et laissé mourir un être humain sur la route ! J’aurais pensé que vous seriez venu nous voir. Nous aurions pu partager notre douleur : vous pour avoir tué et nous pour avoir tout perdu. Mais non, vous n’avez jamais montré de signe d’humanité en plus de deux ans », assène l’épouse de la victime, en pleurs.

Le ministère public ayant requis une peine de cinq années de prison, peine entièrement assortie du sursis, l’avocat de la défense, Me Ronald Gallo, estime pour sa part qu’il est contestable de se prononcer sur le seul délit de fuite. « Cela gêne sans doute le parquet, mais deux experts ont estimé que, sur cette route, les cyclistes sont en permanence en danger. Et l’un d’entre eux dit qu’il y a forcément une prise de risques de la part des automobilistes. Le ministère public devrait surtout s’interroger sur les personnes responsables de ces infrastructures de circulation ! ». Et, plaidant un « abus de priorité du cycliste », l’avocat déclenche des exclamations d’indignation de la part de l’épouse de la victime. Alors, estimant qu’il ne peut plus plaider « dans ces conditions », Me Gallo quitte le prétoire.

Jugement le 13 janvier.

Dauphiné libéré du 10/12/2019

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